ZAPWORLD-Term
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CO:\LO-NA\Mod-08\ SHRINNS



Lô est enchantée. Rayonnante de ravissement elle tire Nam par la main pour qu'ils rejoignent au plus vite leurs nouveaux amis. Elle court, sautille, bondit comme une chevrette folle, ses rires, ses cris de joie griffent la quiétude de la lande comme une bourrasque inattendue...
- Calme-toi, Lô, enfin, tu te conduis comme une sauvage, cette planète est habitée par des milliers d'espèces vivantes... tu te comportes comme une fillette mal élevée...
- Mais Nam, je suis....si heureuse!
Lô s'arrête sur l'étroit sentier qui se faufile entre des touffes d'arbustes parfumés. La remontrance de Nam l'a blessée ...il lui semble qu'il s'est adressé à elle comme à une gamine irresponsable. Pourtant il a un peu raison...mais elle se sent si bien, si gonflée d'allégresse...
- Pardon Lô ! il la prend dans ses bras et d'un baiser efface la petite larme de détresse qui commençait descendre le long de sa joue...
- Je n'ai pas voulu te froisser, continue Nam, je voulais seulement...
Lô l'arrête d'un bisou sonore sur la bouche.
- C'est fini! Un sourire juvénile éclaire à nouveau son visage.
- Ne trouves tu pas cette planète absolument merveilleuse ? reprend-elle. Allez viens, regarde, ils nous attendent...
Elle entraîne Nam à nouveau, essayant de brider un peu sa liesse exubérante.
Ils cheminent au travers d'une brande très vallonnée, semé de bosquets de plantes ligneuses, d'arbrisseaux fleuris, de touffes d'herbes hautes et drues d'où s'échappent, à leur passage, des groupes de créatures volantes, mi-reptiles mi-oiseaux. Le sentier qu'ils suivent serpente entre des dunes de terre meuble couvertes de cette végétation sauvage aux senteurs d'épices. Au dessus d'eux, dans un ciel d'un mauve lumineux, un soleil orange et vieillissant impose sa masse gigantesque au regard des deux terriens. Devant eux, leurs deux guides trottinent avec une grâce inouïe. Lô les rattrape bientôt, Nam dans ses talons. Avec des mimiques qui ravissent Lô , les deux autochtones les prennent par la main, les entraînent plus avant...

Le petit module d'exploration s'était posé sans encombre, en bord de mer, au milieu d'une zone plate et dénudée entre la plage et la lande accidentée qui semblait s'étaler loin l'intérieur des terres.
A leur descente, Lô et Nam les avaient aperçu tout de suite: Ils étaient assis bizarrement, à quelque pas du vaisseau, et semblaient les attendre.
Dés que les voyageurs eurent mis le pied sur le sol, ils s'étaient approchés, prudemment. Démarche gracieuse.
- Des hommes-chat ! Avait murmuré Lô
- Un homme-chat et une femme-chatte, avait corrigé Nam sur le même ton.
Les deux couples s'étaient avancés lentement les uns vers les autres. Les mains en avant, dans un universel signe de paix. Ils s' étaient immobilisés alors qu'un seul grand pas les séparait. Lô, tout comme Nam, d'ailleurs, était sous le charme.
D'une taille légèrement inférieure à la moyenne terrienne, on pouvait dire que leur hôtes étaient de type humanoïde, leur morphologie générale ne les différenciant pas trop des humains; mais là s'arrêtait la ressemblance.
Des hommes-chats! Cette référence terrienne s'étaient immédiatement imposée. La fine fourrure qui recouvrait tout leur corps, leur visage triangulaire percé d'yeux ronds aux pupilles fendues verticalement, leurs oreilles hautes placées et pointues, et enfin l'appendice caudal qui battait leurs mollets, leur donnaient cette apparence féline que renforçait l'élégance et la finesse de leur port. La différenciation sexuelle était évidente. Du mâle, élancé et souple, hanches étroites membres déliés aux muscles fins et marqués émanait une impression de force contenue, d'agilité et de vitesse, un peu à l'image des guépards de l'ancienne Afrique terrestre. La femelle présentait une sveltesse plus courbe, bassin plus arrondi et croupe plus marquée, sans pour autant que cet aspect de sa physionomie nuise à la sensation d'harmonie fluide et nerveuse qui se dégageait de sa personne. Leur pelage court et soyeux les différenciait aussi: de l'ocre doré jusqu'au brun foncé , chez le mâle, et couvert d'un lacis complexe de fines lignes noires et brillantes, d'un gris uniforme chez la femelle, mais aux tons changeants en permanence, sujets à des irisations spontanées...Ils semblaient nus, mais leurs organes sexuels n'apparaissaient pas de manière flagrante, à peine pouvait-on discerner, chez l'un, se balançant vaguement entre ses jambes, un approximatif sac velu, tandis que chez l'autre on aurait pu distinguer, avec beaucoup d'attention, quatre petits tétons roses qui pointaient timidement sous la toison de sa poitrine.
Seule entorse à sa nudité, la femelle portait plusieurs bracelets aux chevilles ainsi q'un autre, plus long et plus précieux, semblait-il, qui lui couvrait une bonne partie de l'avant bras gauche. Le mâle, lui, n'avait aucun bijoux, seule une sorte de sacoche aux couleurs vives pendait à son épaule.
De tous deux émanait une immense séduction, mélange de beauté sauvage, de délicatesse, d'élégance suave et surtout d'intense sensualité .
Leurs visages étaient fascinants. Yeux immenses, creusets d'ors en fusion pour lui, agates aux nuances d'eau profonde pour elle, nez petits et fin aux narines roses et palpitantes, pommettes hautes, bouches menues aux lèvres bleutées et gourmandes...Sur l'avant du visage, le pelage n'était qu'un duvet, si fin qu'on aurait cru une peau lisse et blanche, il s'épaississait en allant vers les joues et le cou, pour constituer enfin une véritable toison, épaisse et douce, sur le haut du crâne, derrière et sur les cotés de la tête.
Immédiatement, Lô les avait aimés. Elle avait été subjuguée, prisonnière d'un merveilleux sortilège. Nam, bien que sous le charme, était resté, quant à lui, plus circonspect.
Avec un immense sourire, Lô avait fait encore un pas en avant et tendu ses deux mains, paumes offertes, vers les singulières créatures...
- Je suis Lô ... Lô ..
Ensemble, absolument, avec une délicatesse infinie, ils avaient posé leurs mains sur celles, offertes, de Lô .
Un contact d'une douceur, d'une légèreté extrême et en même temps d'une intensité totale, comme un choc intime.
- Oomm ! avait dit l'un.
- Uhthi ! avait fait l'autre.
Lô, les yeux clos, frémissait de bonheur.
- Oomm! avait répété l'homme-chat.
- Uhthi! Avait répété la femme-chatte.
- Nam !
Le compagnon de Lô se présentait enfin. Ses mains étaient venues recouvrir celles de la femme et celles des deux extra-terrestres.
Il y avait eu un long silence, puis comme si un signal secret les eût avertis en même temps, ensemble ils avaient éclaté de rire...
Enfin, les humains avaient ri....et ils avaient admis spontanément que les sons qui étaient sortis de la gorge de leurs nouveaux amis avaient été des rires....
Sans doute ceux-ci avaient-ils fait de même....
Oomm et Uhthi, avaient touché, palpé, caressé les nouveaux venus avec l' étonnement curieux et ravi d'enfants découvrant une merveille inconnue...Leurs habits, leur peau étaient source continue d'exclamations et de rires ... Lô et Nam avaient été fascinés par la douceur sensuelle, par les chatoyances du pelage de leurs hôtes. Leur fourrure semblait s'animer sous les caresses, comme des épis de blé qui ondulent sous le vent, comme des vagues qui se forment sous la brise...La toison d' Uhthi traduisait particulièrement ses émotions, parcourue qu'elle était par des vagues de couleurs irisée.
Avec des gestes gracieux et dans un babil, aux modulations rauques et douces à la fois, ils avaient invité les terriens à les suivre...
Lô et Nam avaient échangé un bref regard de connivence et avec un plaisir certain avaient acceptés leur offre.
La petite main d'Uhthi serre celle de Nam.. Délicieux contact, frais et duveteux; il devine les coussinets douillets qui doivent recouvrir la paume de sa main et la face interne des doigts...La petite femelle trottine et l'entraîne. Devant lui il voit ses fesses musclées et rondes se balancer au rythme de ses pas légers et sa queue de chatte fouetter l'air en cadence...le spectacle est charmant et terriblement sensuel.
Il remarque que des sortes de bracelets précieux cerclent aussi la queue d'Uhthi...
Devant eux, Lô et Oomm, également main dans la main courent et sautent comme des enfants...Un jeu semble s'être instauré spontanément entre eux, chacun devant répondre au pas, au saut, de l'autre par une figure identique; rapidement leur progression sur le sentier se transforme en un véritable ballet, chacun rivalisant d'aisance, de souplesse, de vivacité et d'élégance.... Jusqu'à ce que Lô, avec un rire éperdu s' écroule sur le sable du chemin. Nam applaudi en remerciement au merveilleux spectacle offert. Oomm et Uhthi, surpris et intrigués par cet étrange et sonore battement de mains, regardent Nam avec étonnement, puis rassurés par sa mine réjoui, l'imitent .Timidement d'abord, ils sacrifient à cette insolite pratique, puis les rires redoublant, font claquer leurs mains avec la ferveur due aux nouvelles découvertes. Lô, au comble de l'allégresse, enlace Oomm et fourre son visage dans la fourrure soyeuse de son cou le couvrant de baisers et de caresses. D'abord déconcerté par ce brutal contact physique, l'homme-chat, rapidement reçoit cette marque d'affection spontanée avec bienveillance. Il retrouve à ce contact toute sa sensualité naturelle, se serre plus étroitement contre la jeune femme dans un voluptueux mouvement de ses hanches et délicatement lui mordille l'oreille de ses petite dents pointue. Etonnée d'avoir involontairement déclenché cette brusque flambée charnelle, elle dégage son visage du cou velouté du jeune mâle et reçois le choc de son regard, de ses immenses yeux d'or fondu pailletés d'émeraude...Son esprit tout entier est aspiré par ce flot de lave brûlante, pétrifié son corps y coule aussi, cela dure une éternité... le coup furtif d'une petite langue râpeuse sur ses lèvres entrouvertes la délivre du sortilège. Son oreille résonne encore d'un mot inconnu à l'accent rauque et lascif plein de troublantes promesses. Oomm s'est écarté d'elle, elle est là, un peu pantelante, légèrement tétanisée, la bouche encore entrouverte...
- Lô, ça va ? s'étonne Nam, devant son air soudain absent La jeune femme s'ébroue, comme au sortir d'un rêve, comme pour dissiper une soudaine vision...
- Ca va Nam, j'ai eu une seconde de.....ça va...tout va bien...
La chaleur qui l'avait envahie s'atténue. Elle est toute mouillée entre les cuisses...
Oomm a repris la main de Lô et la petite troupe continue sa marche, plus lentement et presque en silence. Puis, Uhthi, émet un long son modulé, comme une chanson ronronnée, à la fois monotone et langoureuse.
Nam a le sentiment qu'il s'est passé quelque chose avec Lô ...
Il lui semble aussi qu' Uhthi le serre de plus près, que parfois même, sa longue queue soyeuse vient lui caresser le bas du dos, et qu'enfin lorsqu'il croise son regard, que ses magnifiques yeux d'agate se plissent en un clin d'oeil complice...
A mesure de leur progression entre les dunes touffues, une joyeuse euphorie les gagne.
En sifflant Nam s'essaye à l'accompagnement du chant d'Uhthi. Il tente d'en capter la ligne mélodique et s'efforce d'y appliquer un savant contrepoint. Uhthi paraît apprécier. Le résultat est étonnant. Parfois leurs efforts conjugués et la complicité qui s'installe entre eux permettent la naissance d'harmonies aussi saisissantes qu'inattendues...
Tandis que Nam et la belle indigène s'exercent à ce syncrétisme musical, Lô et Oomm ont pris quelque avance et au détour d'une dune ont disparus à leurs yeux. C'est l'exclamation de Lô qui leur fait hâter le pas et pour un instant clos leur expérimentation polyphonique.
Passé la dune, la lande s'arrête nette. Ils sont au sommet d'une falaise et découvrent, devant eux, un paysage insoupçonné . A une centaine de mètres sous eux, s'étend, à perte de vue, une immense plaine alluviale que parcourt un fleuve paisible. Ses innombrables méandres, détours et bras annexes dessinent sur la plaine, dans le jour qui décline, une magnifique calligraphie aux couleurs de vif-argent. Le spectacle est grandiose. La plaine ressemble à un gigantesque patchwork. Elle est constituée d'une infinité de petites parcelles tantôt cultivées, tantôt réservée au pacage d'animaux que les voyageurs distinguent à peine. Un fin réseaux de chemins et de sentiers la parcourt en tout sens, sans géométrie apparente, traçant cependant un entrelacs des plus harmonieux. Ici et là se dressent, au milieu de l'immensité plate, de vaste monticules tronqués dont les formes rappellent celles d'anciens volcans . Des centaines de créatures, pareilles à Oomm et Uhthi, habitent le paysage et l'animent d'une activité sereine.
Nam et Lô sont à peine revenus de leur surprise et encore sous le coup de l' émotion que leurs guides les entraînent vers une impressionnante série d'escaliers, aux marches larges, qui descendent vers la plaine.
Oomm et Uhthi se sont rapprochés et discutent dans leur singulier idiome aux sonorités à la fois rauques et flûtées...
-Peu être s'interrogent-ils sur la manière de nous présenter à leurs congénères, peut-être ont-ils des rites particuliers, une étiquette à respecter...commente Nam.
- Sans doute, et nous ignorons tout de leur civilisation...
- Ils sont si...attirants...ajoute, Lô , rêveuse...
- C'est vrai, et j'avoue que je suis impatient d'en connaître d'avantage sur eux...Il semblerait qu'ils aient un univers musical digne d'une étude très approfondie....
-...Que tu te proposes de mener avec Uhthi, naturellement....
- Naturellement...elle est très douée, je crois...au moins autant que l'est Oomm pour certaines acrobaties...un peu puériles, certes, mais que tu sembles apprécier...et il est vrai que tu as toujours aimé gigoter...
Il conclu sa tirade d'une tape sonore sur le postérieur de Lô qui se dégage, outrée, puis qui, tortillant du cul en geste de défi, rejoints ses nouveaux amis.
La descente est longue et silencieuse; les deux humains sont complètement absorbés par le spectacle qu'ils découvrent. Leur progression les fait pénétrer, au fil des degrés qu'ils franchissent, dans un monde paisible et harmonieux. La magie du lieu les gagne, les étourdi de bien- être. Comme dans un rêve, ils se retrouvent au pied de la falaise, la longue descente ne semble n'avoir durée que le temps d'un souffle...
Ils sont dans un bocage verdoyant, plein de bruissements, résonnant des appels et des rires si particuliers des habitants de la contrée. Alentours ce ne sont que champs, jardins, haies fleuries, vergers et pâturages....Mille parfums embaument l'atmosphère; le crépuscule qui descend lentement recouvre le paysage d'un patine d'or où jouent les moirures violettes et pourpres du ciel qui s'embrase.

Des mouvements furtifs, autour d'eux, les tirent de leur torpeur extatique. Individuellement ou par petits groupes, les autochtones s'approchent, viennent découvrir ces curieux visiteurs. Bientôt ils forment autour des voyageurs un cercle dense; d'abord timides et silencieux, ils s'animent rapidement et c'est face à une masse agitée et volubile que Oomm sort de sa besace une sorte de conque qu'il embouche dans un geste solennel. Le son ,grave et profond, subtilement modulé, ramène la foule au calme, le silence s'établit, alors que ci et là s'allument les premiers flambeaux. Sous un ciel aux couleurs de fournaise mangée par la nuit qui tombe, Oomm prend la parole devant la foule des siens. Bien que totalement imperméable au langage des hommes-chat et incapable d'en saisir le moindre sens, Nam et Lô sont sous le charme de sa musique; ses accords baroques aux sonorités gutturales coupées de notes aigues, de roulement de gorges et de modulations flûtées exercent sur eux le même magnétisme sensuel que leur apparence physique. Enfin prononcés avec un accent inattendu ils croient reconnaître les mots Nam et Lô...Les gestes d'Oomm et d'Uhthi en leur direction confirment cette impression.

Tous les regards convergent alors vers eux. Uhthi se glisse devant Nam, le fixe de ses yeux d'agate et avec un merveilleux sourire de complicité se met à battre des mains, Nam sourit et applaudit à son tour, Oomm et Lô enchaînent...Un souffle d'incompréhension agite un instant la foule, puis un enfant sur les épaules de son père se met à battre des mains, alors, avec un cri d'allégresse tous se mettent à faire de même, riant de cette étrange et bruyante coutume. Oomm et Uhthi s'emparent à nouveau des mains des terriens et les entraînent par un chemin large et empierré. S'organise, ainsi, la singulière procession, qui mène Lô et Nam, au milieu d'une foule pittoresque et agitée, vers une destination qu'ils ignorent mais qu'ils ont hâte de découvrir. La nuit est maintenant tombée; au fur et mesure de leur progression la foule grossit. Seules quelques torches éclairent leur marche mais une multitudes de paires de petits lumignons piquettent la nuit de leur éclats phosphorescents. Dans la relative obscurité qui les entoure, Lô et Nam ne peuvent voir distinctement les dizaines de mains qui les touchent, les palpent, les effleurent avec curiosité. Cette forme de connaissance tactile manifestée par leurs hôtes les met un instant mal à l'aise, mais rapidement ils s'y abandonnent et en éprouvent même, au bout de quelque temps, un plaisir diffus. Bien vite, ensuite, eux même plongent leurs mains dans la masse des fourrures qui les entoure en goûtant entre leurs doigts la fugitive caresse de ces toisons soyeuses. Tout en continuant leur marche, un nouveau jeu s'est installé, une joyeuse partie colin-milliard qui exacerbe leur sens du toucher, redonne à la peau sa délicieuse fonction érogène...
- J'aimerais être nue...murmure Lô à l'oreille de son compagnon, comme se serait bon, toute ses caresses...
- Je pensais la même chose, mais je crois que j'aurais du mal cacher mon émoi...et prenant la main de Lô il lui fait constater la sensible protubérance qui gonfle sa combinaison en un endroit précis....
Les notes cristallines du rire de Lô se mêlent au brouhaha ambiant...
- Si tu voyais l'état de ma petite culotte, reprend-elle, elle est à tordre..!.
Riant à nouveau elle se fond d'avantage dans la foule qui la presse...
Peu à peu une nouvelle lueur envahit la nuit, une clarté d'un pâle vert laiteux repousse les ténèbres alors que monte dans le ciel un astre nocturne aux couleurs d'absinthe trouble. La clarté lunaire baigne le paysage d'une atmosphère irréelle et fait courir sur les fourrures des reflets électriques...
La lune verte est à son apogée, la foule a cessé sa marche tumultueuse, un silence recueilli règne sur la campagne, tous les regards sont tournés vers l'astre. A coté des deux terriens s'élève une voix; elle lance vers la planète apparue une note unique, profonde, dont l'intensité s'amplifie alors que le temps s' écoule, la note est tenue longtemps, longtemps, plus qu'aucun souffle humain ne pourrait le permettre, et sa puissance gonfle encore pour éclater enfin sur une seconde note, ultime, aigue et brève, comme une explosion de cristal. Durant un instant les explorateurs ont senti le temps s'arrêter, une apnée temporelle; presque contre Nam, Uhthi, les yeux clos, reprend haleine. L'émotion a saisi l'assemblée entière, et Nam en a encore la chair de poule; il serre l'épaule de Lô qui, dans un soupir, brise le charme.
Lentement autour d'eux, le peuple-chat, s'affaisse dans un curieux accroupissement et face à la lune verte prononce une série de mots brefs. Cette étrange oraison achevée, la foule entière reprend sa marche joyeuse nourrie d'attouchements furtifs.
Devant eux, se dresse maintenant, une masse sombre et imposante. Nam et sa compagne comprennent qu'ils sont arrivés au pied d'une de ces collines tronc-coniques qu'ils avaient aperçues, plus tôt, du haut de la falaise. A mesure qu'il s'en approche, la pente du "cratère" s'illumine, comme constellée d'étoiles colorées... Taupinière géante, termitière, nid gigantesque ....telles sont les images qui viennent à l'esprit des voyageurs lorsqu'ils découvrent le site ahurissant où ils pénètrent. Ils ont gravi une rampe qui les a menés au pied de la colline, maintenant, au dessus d'eux s' élève, abrupte, sur plusieurs dizaines de mètres, une falaise de roche dure, sombre et striée. Elle est percée d'une multitudes d'ouvertures irrégulières d'où s'échappent des lumières colorées. Ces fenêtres laissent apparaître des silhouettes qui gesticulent, les apostrophent, les assaillent des signes joyeux et incompréhensibles...
La procession s'est arrêtée devant une ouverture imposante, bouche sombre taillée dans la roche. Spontanément une double haie s'est formée des deux cotés du chemin ...Avec une émouvante solennité , Oomm et Uhthi les invitent à franchir la porte de leur...cité .Ils passent sous l'arche de pierre, se retrouvent dans une obscurité quasi totale, seule les prunelles des hommes-chats luisent dans la nuit tout près d'eux. Lô pousse un petit cri, surprise par un contact appuyé contre sa poitrine, puis elle étouffe un petit rire coquin auquel répond un son bizarre et doux. Soudain, d'un millier de lampes minuscules jaillissent un milliers de flammes colorées...disséminées sur toute sa surface elles éclairent une vaste voûte de pierre merveilleusement ...vivante. L'effet est saisissant. Les deux terrien reçoivent le choc d'une beauté complètement étrangère et indescriptible: ni fresques, ni sculptures, ni frises, ni tableaux ...Un kaléidoscope de formes mouvantes qui sortent, surgissent du rocher. Se mêlent abstraction et réalisme, signes et couleurs; scènes, images, volumes se lovent, se coulent, glissent, se mélangent, habitent les murs, la pierre même
Derrière eux la foule est entrée aussi; Oomm et Uhthi les entraînent plus avant, ils parcourent le long hall complètement subjugués par cet art déconcertant qui fait exploser leur concepts esthétiques...Après avoir marchés sur plusieurs dizaines de mètres dans ce tunnel magique, ils se trouvent face à une énorme porte de bois poli dont la surface, sans jointures apparentes, pourrait faire croire qu'elle a été taillée dans un seul bloc de matière....
La masse de leur imposante escorte les a rejoint. Tous sont arrêtés devant la porte close. Oomm tire un nouvel objet de sa sacoche, c'est une mince baguette de bois, torsadée et couverte de minuscules sculptures; d'un geste léger il en frappe l'huis. Au menu choc, répond un son mat, sourd, large, puissant, sans aucun rapport avec la légèreté de l'objet frappeur ni avec la délicatesse du geste. Une onde puissante fait vibrer l'imposante masse de bois, qui lentement s'ouvre comme un diaphragme sans qu'on aie pu soupçonner le moindre ajustement, la moindre existence de pièces mobiles...
Une formidable clameur accompagne l'ouverture, elle vient aussi de derrière la porte...Quand celle-ci enfin a complètement disparue dans son invisible huisserie de pierre, les voyageurs peuvent mesurer pleinement la splendeur de l'accueil qui leur est réservé .
A nouveau à l'air libre, sous la clarté opaline de la lune, plusieurs centaines d'hommes-chats les acclament. Une petite mer de fourrure aux mille reflets satinés les submerge. Avec une curiosité bienveillante chacun s'empresse de voir et de toucher les nouveaux venus. C'est d'une joyeuse mêlée pleine de rires, de jubilation et d'exclamations allègres qu'enfin Oomm les tirent en faisant à nouveau raisonner sa conque. Chacun, alors, reprend l'activité délaissée un instant pour cet accueil exubérant. Nam et Lô sont bien à l'intérieur d'un cratère; la partie centrale en est occupée par un lac d'eau calme, où se mire l'astre vert. Sur ses berges plantées d'arbres et de buissons curieusement taillés, véritable architecture de verdure, sont dressées des tables, estrades et dessertes auprès desquelles s'affairent leurs récents ovateurs. Ca et là flamboient quelques lueurs, se répandent quelques alléchants fumets, retentissent d'élégants accords musicaux et des rires étouffés. La fête se prépare dans une excitation pleine de promesse....
Toujours guidés par leurs deux mentors, Lô et Nam, cheminent à travers un merveilleux jardin semé de gloriettes, de rocailles, de petites terrasses aux allures de divan, de kiosques accueillants. Partout on prépare la fête...
Au terme d'un sinueux parcours au milieu de cet espace enchanteur, ils se trouvent au pied de la paroi interne du cratère. Ce n'est plus l'austère falaise percée de quelques ouvertures réduites que présentait sa face externe, mais une véritable façade parcourue par un réseau désordonné de galeries taillées donnant sur des espaces intérieurs délicatement éclairés. A intervalle irrégulier des rampes ou des escaliers permettent l' accès à un chaos de coursives qui ,sur plusieurs niveaux - jusqu'au sommet de la paroi, en fait -, s'empilent, se croisent, se superposent en une époustouflante géométrie. Après quelques minutes de déambulation le long de ces venelles-balcons, leurs guides les invitent à pénétrer dans leur "appartement". Organisée autour d'une pièce centrale largement ouverte sur l'espace intérieur du cratère, une suite d'alvéoles, d'alcôves taillées dans sa masse sur plusieurs niveau défini un espace vaste et intime à la fois. Cette impression de confort et d'intimité est amplifiée par l'agencement et la décoration du lieu : peu de mobilier; ici et là , quelques coffres de bois poli, une grande table basse au centre de la pièce principale. Le sol, constitué de larges degrés inégaux est partout recouvert d'épais et moelleux tapis aux motifs enchanteurs. Ils forment ainsi autant de banquettes et sofas, qu'une multitude de coussins, de poufs, de couvertures, d'étoffe chatoyantes agrémentent...Les murs sont percés de petits orifices à l'intérieur desquels brûlent les flammes colorées qui, ici et partout, illuminent la nuit. Par des gestes toujours aussi gracieux, Oomm et Uhthi, les invitent à disposer des lieux non sans leur avoir montré , avant de disparaître, la petite alvéole où, dans une large vasque aux reflets de porphyre pourpre coule une source claire et parfumée.
Nam et Lô sont seuls, encore tout grisés des découvertes qu'il ont faites...
Lô se blotti entre les bras de son compagnon, la tête appuyée contre son épaule...
- Ne sont-ils pas merveilleux ? Comme je les adore! C'est vrai, et cette civilisation...si bucolique...si harmonieuse... si artistique....
Suit un long silence. Chacun perdu dans ses pensées...
Dans les bras de Nam, Lô se dandine un peu.
- Nam, j'ai envie de ...faire pipi...
L'homme sourit:
- Tiens, c'est vrai, ça faisait longtemps et....
- Oui, je sais, les femmes etc......en attendant, je ne sais pas où ni comment!...
- Regardons, il y a sûrement quelque chose de prévu...
Après une brève mais complète exploration de l'espace alloué, la conclusion s'impose: il n'y a que l'alcôve à la vasque qui pourrait....
- Tant pis! il faut que...
Prestement elle s'est débarrassée de sa combinaison, sa petite culotte abandonnée sur la tapis, elle enjambe la vasque avec une totale impudeur. Une fois à l'intérieur elle ne sait que faire. Le filet d'eau qui y coulait s'est tari, elle remarque qu'il n'y a ni bonde, ni évacuation...mais l'envie est si forte...Sans plus réfléchir, elle s'accroupi...un jet doré s' échappe d'entre ses cuisses et....disparaît en atteignant le fond du bassin. Comme avalé par la matière qui le constitue. Lô ne s'est d'abord aperçue de rien, toute accaparée par la plaisir de la délivrance, elle a fermé les yeux avec un soupir d'aise...C'est lorsque, ne sentant pas sur ses pieds les normales éclaboussures de liquide chaud, qu'elle se rend compte du phénomène.
-Naaamm!
Il accourt.
-Nam, regarde!...je pisse et....
Nam voit.
Enfin le flux d'urine s'arrête. Pas une seule goutte ne macule la surface de pierre.
-Oh!..petit cri de Lô .
La petite fontaine jailli de nouveau, précise, baignant la foufoune de Lô de son eau fraîche et parfumée. Elle empli, cette fois, le fond de la vasque; avec ravissement Lô s'y assoit, un léger remous anime le bain...
- C'est délicieux, Nam comme ça fait du bien après cette longue marche!...d'ailleurs, tu devrais en profiter...allez viens, déshabilles-toi!
Nam grommelle un peu, hésite...
- Alors, tu te décides ?
Rapidement il se défait de sa combinaison, se débarrasse de ses sous-vêtements...Alors qu'a son tour il enjambe le rebord de la vasque, le rire cristallin le Lô salue son geste...
- Je comprends pourquoi Monsieur était hésitant, un peu... gêné peut-être !
Elle attrape d'une main alerte la queue bandante de son compagnon...
- Tu sais que te voir uriner ainsi m'excite toujours comme un fou...Ce jet qui gicle d'entre les poils mouillés de ta chatte a sur moi un effet érotisant d'une efficacité redoutable...
- Oui, plus simplement, me voir pisser te fout une trique d'enfer!
- Oh! que voila un langage bien trivial! mais...
- Oui?.....
Elle a décalotté la bite tendue et de ses doigts mouillés lui astique consciencieusement le gland...
- Tu disais ? reprend - elle.
........MMMMhhhh!
- Je ne comprends pas, veux tu préciser!...
- Salope!
- Comment, tu me traites de salope!
Violemment elle lui gobe le gland, le ressort de sa bouche...
- Tu vas voir!
A nouveau elle avale la queue de l'homme, dans un mouvement frénétique la fait coulisser avidement dans toute sa bouche, frottant son gland contre son palais, le limant de sa langue alors que ses mains lui massent les testicules. Puis la bouche gloutonne libère la pine raidie et c'est la langue qui en longues léchées, des couilles jusqu'a l'extrémité fendue, arrache à Nam, les généreuses giclées de son plaisir qui éclatent en coulées laiteuses sur la visage espiègle de Lô. Nam s'affaisse dans la vasque, face sa compagne qui, les yeux clos, se caresse doucement en chantonnant, accompagnant le glou-glou léger de l'eau au parfum suave ...

Cependant, ils n'ont pas remarqués les deux félines silhouettes, qui, par une ouverture discrète, avec délectation assistaient à la petite scène fellatoire...
Comme sous une ondée de printemps, Nam et Lô sont soudain tirés de leur torpeur béate par une inexplicable aspersion d'eau très fraîche. Sans plus se préoccuper de ce nouveau phénomène du à la technologie indigène, ils bondissent dans un même élan hors de la vasque de porphyre. Ils sont happés par un courant d'air chaud qui, le temps d'un battement de cils, les laisse secs et revivifiés. De retour dans la pièce principale, ils se trouvent face à face avec deux gracieuses petites femelles les bras encombrés de corbeilles. Manifestement émues et fascinées par le spectacle de la nudité des terriens, elles déposent leurs présents à leurs pieds et disparaissent dans un tourbillon de rires mutins. Curieuse, Lô s'est déjà penchée sur les corbeilles, les ouvre et avec une excitation enfantine, en fait l'inventaire.
- Regarde Nam, n'est-ce pas merveilleux?
Elle déplie un large carré d'une étoffe aux couleurs incroyables. Les multiples nuances, changeantes, semblent glisser en permanence les unes sur les autres, les tons subtils se fondent et se mélangent, transparences et opacités jouent une délicate partition...Lô s'enroule dans le précieux tissu qui aussitôt se coule sur son corps, l'enveloppe, l'épouse, joue avec ses formes, les enserre comme une seconde peau ou bien, dans un flou savant, suggère leurs fermes rondeurs...
- On dirait que c'est vivant! C'est comme une caresse, sur tout le corps à la fois!...Et il suffit d'un noeud, ici, et je n'ai jamais été aussi élégante...
Lô continue ses investigations, elle lance à Nam une seconde pièce d'étoffe...
- Voila pour toi, tache d'être descend, cache cette zigounette qui émoustille les petites femelles indigènes!!...
En riant, Nam noue le tissu autour de ses hanches et en éprouve aussitôt la caresse exquise.
La jeune femme sort maintenant, d'une des panière, une collection de boites laquées aux fines incrustations irisées. Nam se baisse pour en examiner la nature. Encore une fois ils reçoivent le choc de la beauté ...
- Comment peuvent-ils réaliser de telles merveilles!
Chaque boîte, il y en a quatre, a sa forme propre; des formes irrégulières, appartenant à une géométrie volumique étrangère aux concepts terriens...une géométrie... instable, non formelle...
Il leur semble qu'une des bases de leur art serait cette instabilité, un glissement permanent des couleurs, des textures, des formes, des sons aussi....
De même que sa forme unique, chaque boîte a sa couleur: trois d'un camaïeux éthéré et mouvant - bleu, vert, et gris - et la dernière, noire aux coruscations de mica; Toutes cependant présentent une surface barrée d'un glyphe pourpre d'une rigoureuse stabilité .
Lô et Nam se passent les différentes boîtes, en admirent l'étonnante façon en loue l'élégante beauté .
- Mais comment les ouvre t-on ? s'interroge Nam. En vain, il cherche un mécanisme d'ouverture, une serrure, un levier...
Avec un sourire inspiré et une mimique pleine d'emphase, Lô présente une boîte à Nam - la bleue.
- Mais c'est évident, Nam, regarde!
D'un doigt léger, sur la surface vernie de l'objet, elle suit le contour du signe écarlate.. Avec un faible claquement, une jointure apparaît séparant la boîte en deux parties; avec un nouveau geste théâtral, Lô les dissocie...
- Et voilà !
C'est un écrin; à l'intérieur scintillent d'effarants bijoux...
Lô reste interdite devant leur prodigieuse splendeur ;puis avec des gestes d'une lenteur religieuse, les sort un par un. Bracelets, chaînes, anneaux sont facilement identifiables, d'autres restent d'un usage plus incertains, mais tous sont marqués par cette facture indicible qui en fait des objets animés...Ils paraissent ciselés dans des métaux vivants-, coulées de mercure solide habitées de vagues ondoyantes- les motifs décoratifs utilisés, à la fois figuratifs et abstraits, sont en mutation continue ,ils distillent un mirage permanent aux formes imbriquées d'une sensualité troublante.
Lô, envoûtée, s'en caresse la peau avec une volupté non dissimulée, les bijoux eux même semblent l'y inciter d'avantage...
Quand enfin elle se redresse, parée comme une idole barbare, Nam reste subjugué par le port princier de sa compagne. Pour imiter Uhthi elle a passé à son avant- bras gauche un long bracelet aux reflets de jade vert, d'autres très fins aux rutilances corallines enserrent ses biceps, d'autres encore, aux multiples iridescences, ornent ses chevilles...Une fibule, comme un poignard de mercure, a remplacée le noeud de son vêtement, sur sa poitrine resplendissent les torsades serpentines d'un lourd collier de jade vert...
Ne voulant être en reste, et pour faire honneur son rang de prince gothique, Nam se pare également de quelques bijoux: un large bracelet au biceps, d'autres au poignets et la même fibule que Lô pour orner son pagne.
Nam et Lô sont soudain tirés de leur émerveillement réciproque par un léger battement de mains. Oomm et Uhthi sont là, des sourires malicieux éclairent leur visage, signes évidents d'approbation...
Eux aussi, semble t-il, ont sacrifiés la coquetterie. Leur pelage a sans doute fait l'objet de soins particuliers: chaque poil parait vivant, sensible au moindre contact, chargé d'énergie. Des chatoiements inouïs parcourent leur fourrure en vagues sauvages...Ils ne portent guère plus de vêtements que lors de leur première rencontre, mais d'autres parures témoignent de leur raffinement singulier:
Uhthi est fascinante ;son petit visage est enchâssé dans une époustouflante coiffe de soierie et de joyaux, à la fois tiare et turban, aux couleurs de flamme dévorantes. Au milieu de cet incendie, ses yeux, qu'un savant maquillage a mit merveilleusement en valeur, apparaissent comme deux lacs de calcédoine aux les mille nuances de chrysoprase .Bracelets et bijoux, aux tons de fournaise, griffent son pelage argent comme des éclaboussures de lave; pareille à une longue coulée de magma incandescent, une ceinture de métal mouvant lui prend la taille, descend sur son ventre et pend entre ses jambes.
Uhthi, déesse de lune parée de feu...
Oomm, dieu solaire aux ornements d'astre nocturne...
Paradoxe ou complémentarité rituelle?
Dentelle de vif argent, accrochée à un collier aux reflets de fer, un large pectoral déploie sur la flamboyante toison du jeune mâle ses sinueux entrelacs de métal fluide. Du devant d'une large ceinture du même alliage froid, tombe un écheveau de fils ondoyants, formant entre ses jambes un long cache-sexe comme une cascade métallique. Sur son front, un bandeau couleur d'argent surligne d'un éclair brillant l'or fondu de ses pupilles. D'autres ornements, bagues et bracelets à l'éclat d'acier confortent sa beauté virile et sauvage.
Uhthi, s'approche de Lô. Deux femmes saisies par la même fascination réciproque. Lô découvre à la place de la joyeuse et charmante sauvageonne de la lande une superbe créature à l'éclatante beauté sophistiquée; la sensualité sauvage de la petite coureuse de dunes s'est métamorphosée en une voluptueuse prestance...
De même, dépouillée de sa combinaison de voyageuse, une Lô inconnue se révèle à Uhthi, lui dévoile la splendeur de son corps blanc, la texture singulière de sa peau, ses fermes rondeurs révélées-cachées par sa robe improvisée...
Délicatement, Uhthi passe sur l'épaule nue de la terrienne le coussinet doux d'un de ses doigt, tandis que de sa gorge monte un son rauque et profond. Un frisson secoue Lô, son onde furtive la traverse toute entière et finit par se nicher entre ses cuisses...
Uhthi s'empare d'un des coffret et attire Lô dans l'intimité d'une des alcôves. D'un geste rapide elle ouvre la boîte et en sort une multitudes de flacons et de pots aux formes élégantes et aux couleurs délicieuses, tout un attirail de minuscules pinceaux, brosses, peignes, crayons, palettes, stylets et autres bâtonnets aux fonctions mystérieuses...
D'une caresse légère sur son visage, elle invite Lô, fermer les yeux.
Celle-ci s'abandonne. Dans ses cheveux, avec la légèreté des attouchement d'ailes d'oiseaux, elle sent danser les instruments d'Uhthi... Puis avec des gestes lents et précis celle-ci applique sur le visage de Lô des gels parfumés aux senteurs de fruits, farde le contour de ses yeux d'étonnantes nuances, enfin avec une application extrême peint sa bouche d'incroyables couleurs mouvantes...
Une chaleur inattendue court sur les lèvres de Lô, elle fait place ensuite à une fraîcheur non moins surprenante, puis se sont de petits picotements qui les gagnent...déconcertée Lô sent une légère panique monter en elle...Uhthi la rassure d'un sourire complice, d'une pression sur son épaule. Lô regarde alors avec plus d'attention les fine lèvres de la femme-chatte: elles aussi sont peintes. Un flux d'énergie colorée coure en permanence à leur surface...Uhthi lui présente alors un petit miroir. Sur la surface polie elle découvre un visage étrange et familier à la fois. Ses cheveux occupent un volume inhabituel, comme libérés de leur pesanteur, ils forment autour de sa tête une sorte d'auréole dont la brillance électrisée renforce le caractère surnaturel. Leur masse noire est parcourue d'un réseau de fine tigrures d'argent. Le gris de ses yeux lui paraît plus profond encore, leurs contours, plus marqués, soulignent d'avantage leur forme oblongue... ses lèvres, d'ordinaire déjà pulpeuses, sont cette fois comme gorgées d'une énergie gourmande qu'elle croit sentir crépiter sur toute leur surface...troublée elle réalise à peine qu'Uhthi a pris sa tête entre ses longues mains soyeuses, qu' elle approche ses lèvres des siennes.
Contact. Choc. De ses lèvres jusqu'à la source intime de sa jouissance, un éblouissement, une décharge de plaisir brut, une onde intense qui la laisse, pantelante, au bord de l'orgasme....
- Uhthi ! qu'est ce que...??
Lô a pris violemment la main de la petite femelle, et écartant le voile léger de sa robe, la plaque contre son propre sexe.
- Uhthi! je t'en prie ne me laisse pas comme ça!
Sous ses doigts, Uhthi découvre la toison touffue de la terrienne, sous les poils inondés elle déniche le sillon, la petite excroissance gonflée, l'effleure...
_Ouiii! frotte !...
Violents coups de bassin. Sa mains serre convulsivement celle d'Uhthi contre son con. Lô incite cette dernière à la branler frénétiquement...Uhthi la renverse, se colle contre elle et tandis que ses doigts s'activent contre le clitoris de la terrienne, à nouveau elle pose ses lèvres sur les siennes...Dans un sursaut Lô se met à jouir alors que la langue râpeuse de la femme-chat s'enroule autour de sa propre langue, étouffe ses cris d'extase...
Venant de l'alcôve voisine où Lô et Uhthi ont disparues, Nam entend des cris étouffés qu'il sait reconnaître comme étant le chant de plaisir de sa compagne; partagé entre une curiosité grivoise et la dignité que lui impose la présence de Oomm, il a du mal à masquer son trouble. Cependant il remarque que l'attitude de son hôte n'est pas sans manifester, elle aussi, un certain...trouble .Peut être même un certain intérêt pour ce qui se déroule dans la niche voisine. Leurs regards se croisent; simultanément ils y lisent une curiosité commune...Sans plus de concertations ils s'approchent discrètement du lieu de leur interrogation.
Lô et Uhthi sont intimement enlacées, leurs mains explorent leurs corps respectifs s'en dévoile les voluptueux mystères. Sous les incitations d'Uhthi, Lô découvre, sous son pelage duveteux deux paires de petites mamelles parées de curieux bijoux. Lô avait remarqué les éclats furtifs qui émaillaient son pelage de gouttes incandescentes. Les tétons, dressés, enchâssés dans ces corolles de feu, longs comme une phalange humaine, fardés de corail, jaillissent comme des pistils arrogants, des fleurs de métal. Sous les doigts de Lô, ils se durcissent d'avantage tandis que, les mamelles se gonflent comme des petites balles de fourrure très rondes, très douces et toutes chaudes...Lô, séduite, pelote avidement ces quatre
merveilles. Avec un profond ronronnement de plaisir Uhthi se tortille sous les caresses. La terrienne hausse ses lèvres vers les pointes tendues. A ce contact, leurs deux corps tressaillent à nouveau sous le même choc de plaisir brutal et leur arrache simultanément un nouveau cri de bonheur.
Uhthi s'est redressée, elle est accroupie, chevauchant la terrienne, le bassin à quelque centimètres de son visage. Avec le désir d'aller plus avant dans la révélation de sa géographie intime, elle écarte la chaîne de métal qui tombe entre ses cuisses et se cambrant dévoile à Lô, son joyaux secret niché dans un écrin de long poils immaculés. Celle-ci découvre une petite vulve bombée, gonflée comme un pêche mûre, délicatement fendue couverte d'un très fin duvet. D'un doigt léger elle frôle le fruit mignon. Il s'ouvre sous la caresse, laisse entrevoir une profondeur rosée, mouillée de liqueur au parfum envoûtant. Son index avec douceur, s'y insinue, cajole les chairs onctueuses puis remonte à la recherche du bouton sensible...en vain. Surprise. Comment une si jolie petite counette peut-elle être privée d'un délicieux clito pourtant si indispensable à l'épanouissement du plaisir?
Deux de ses doigts repartent à la conquête des profondeurs humides d'Uhthi, ils pénètrent plus avant, pris dans l' étroit fourreau de son vagin qui se resserre de plus en plus, ils entrent en contact avec une petite boulle enfouie ...qui s'anime sous le léger titillement. L'effet de l'attouchement est immédiat: comme soumis au décharges d'un courant électrique le corps d'Uhthi est agité de violents soubresauts. Elle émet un son rauque et plaintif...
- Mais oui, j'ai trouvé ton petit bouton à plaisir, il est l'intérieur ! s'exclame Lô en redoublant ses agaceries...
Elle remarque aussi que la vulve de sa partenaire s'est considérablement ouverte crachant vers l'extérieur une corolle de chair rose. Organe devenu externe, l'ouverture de son vagin est animée d'un mouvement continu de succion qui attire vers ses profondeurs les exquis visiteurs.
- Comme j'aimerais avoir une bite à te fourrer là , comme ce doit être délicieux !
A nouveau Uhthi roule sur Lô, ses singuliers tétons caressent les seins maintenant dénudés de Lô qui ,elle, ne cesse sa pénétration, continue de gratifier le crypto-clito de la femme-chat de mille titillations, pincettes, cajoleries et mignardises...jusqu'a ce qu'un spasme, un long tremblement parcourt toute son échine électrisée. L'extraterrestre jouit alors, orgasme accompagné d'un profond gémissement et d'exubérants battements de queue...

Fascinés par l'intensité érotique de la scène qu'ils ont surpris, Nam et Oomm restent un long moment interdit, sans un geste, sans un mot. Enfin, alors que les deux femelles semblent assoupies, apaisées et tendrement enlacées dans le désordre de leurs parures ruinées, ils échangent un regard complice et attendri qui devient ironique lorsqu'ils constatent réciproquement les excroissances obscènes qui gonflent leur pagne.
Le soupire de Nam fait écho à une gutturale exclamation de Oomm...D'une démarche un peu gauche, gêné par la manifestation tumescente de leur émoi, ils regagnent la table basse où restent deux coffrets fermés. Oomm en saisi un, l'ouvre d'un geste sûr.
Des bijoux, encore? Deux pastilles de métal aux reflets bleuâtres d'un diamètre de deux centimètres et deux cylindres de même matière, semble t-il, d'une dizaine de centimètres de long . Oomm, délicatement manipule un des cylindres, puis avec un sourire engageant invite Nam à s'approcher de lui. Après une vague hésitation, reflex de méfiance vite repoussé, il laisse Oomm, en toute confiance, approcher l'objet de son crâne et en appliquer une extrémité derrière son oreille droite. Une légère sensation de froid, un léger picotement. Sans comprendre, Nam répond au large sourire satisfait que lui adresse Oomm. Il passe un doigt curieux derrière son oreille et y découvre un espace circulaire complètement lisse, une mini tonsure parfaitement nette. Il interroge Oomm du regard mais celui ci s'est déjà emparé de l'un des petits disques de métal qu' avec un geste doux et précis il applique sur la portion de peau dénudée. Oomm s'est assis face à Nam, entre eux, sur la table, le cylindre de métal. A mi-hauteur, un éclat de lumière verte parcourt son périmètre dessine un anneau lumineux sur sa surface bleuâtre. Oomm d'une mimique sans équivoque invite Nam à fixer son attention sur le cylindre tandis que d'une main soyeuse il serre le poignet droit du terrien. Rapidement, le mouvement de la particule lumineuse sur la surface polie du cylindre entraîne Nam dans un état de conscience proche de l'hypnose, ses yeux se ferment sur la réalité ambiante alors que d'une voix grave Oomm répète inlassablement trois syllabes aux accents rauques et profonds. Derrière ses paupières closes, Nam voit défiler, par séquences redondantes, des séries de signes et de symboles. Peu à peu son esprit en décrypte la signification, et leur fait correspondre des concepts, puis des mots. De plus en plus rapidement ces évocations graphiques se chargent de sens: objets, actions, idées deviennent vocables, leur organisation devient grammaire et syntaxe, chaque traduction en génère dix, cent autres mettent ainsi à jour tout un univers linguistique , constituent une pierre de Rosette virtuelle.
-C'est bon, Nam tu peux revenir...
C'est Oomm qui a parlé, et Nam l'a parfaitement compris...
Il émerge dans le réel comme au sortir d'un profond sommeil, seul un léger mal de tête lui rappelle qu'une intense activité cérébrale....
- Ca va, Nam?
Bien qu'Oomm se soit exprimé dans sa langue, il a nettement perçu le sens de sa question, comme si une traduction simultanée....
Il porte sa main à la capsule fixée derrière son oreille...
- Bien sûr!...
...Et lui qui avait pris Oomm et Uhthi pour les représentant d'une civilisation bucolique totalement dépourvue de technologies sophistiquées....
- Ca va très bien, Oomm, merci. C'est fantastique, nous allons pouvoir communiquer vraiment à présent!
-Nécessaire petits réglages encore, plus fins pour...architecture...syntaxe. Nécessaire aussi porter ...le cylindre. Et Lô aussi...
Oomm sort de la boîte un étui de cuir joliment décoré qu'il suspend, par un lacet, au cou de Nam. Il y insère le cylindre de métal. Revenant au coffret il en sort le second cylindre ainsi que le deuxième patch bleuâtre...
- Pour Lô, maintenant....
Alors que Nam se lève, enthousiasmé, pour aller chercher sa compagne, celle-ci les rejoint déjà d'une démarche encore alanguie, en tenant Uhthi par la main. Les deux femmes ont remis de l'ordre dans leur parure et les yeux encore brillant des voluptés partagées, elles apparaissent comme deux déesses de la luxure à l'implacable pouvoir captivant. Complice, et gracieuses, elles s'asseyent sur les coussins accueillants qui entourent la table, très près l'une de l'autre, presqu'encore enlacées...Après avoir posé un tendre baiser sur les lèvres bleutées d'Uhthi et tandis que sa main s'égare encore sous l'épaisse fourrure qui couvre le ventre de la femme-chat, Lô , se penche vers Nam et, sur un ton rêveur, murmure contre son oreille:
- J'ai baisé avec elle....c'était...merveilleux..
Elle se retourne à nouveau vers Uhthi et avec une violence nouvelle, l'enlace et lui roule un furieux patin.
- Calme toi, ma belle! s'exclame Nam en riant, tu vas la dévorer!
- La dévorer, la dévorer....Oomm rit à son tour.
Nam reprend:
-Je sais, nous vous avons observées, Oomm et moi,
il faut dire que vous n' étiez guère discrètes, mais il y a plus...
Nam fait découvrir à Lô le petit disque de métal fixé à la base de son crâne.
- Oomm et moi pouvons communiquer....Nous nous comprenons...
Uhthi rectifie:
- Pas seulement Oomm et toi, Nam , mais nous tous, tout notre peuple...Nous avoir...n'avons pas besoin de...patch, tous de notre race individus ont...déjà...implant . Nous sommes reliés en permanence à la ...conscience.(?)... mémoire.(?)..banque-mémoire (!) de notre planète qui grâce toi, Nam, vient d'être ...ajoutée ...enrichie d'un nouveau concept communiquant...langage .Oui. Le cylindre que toi porte est lien entre toi/banque-mémoire/Nous. Nous peuple Shrinns.
-Que dit-elle Nam? s'impatiente Lô, je veux comprendre...
Uhthi prend Lô par les épaules, puis attire sa tête contre sa poitrine avec une sorte de tendresse, elle écarte quelque mèches de son étonnante coiffure et applique sur son crâne, derrière son oreille droite, l'extrémité du second cylindre...
Lô, le visage niché dans la fourrure de son amie, frotte ses lèvres contre un long téton décoré de sa corolle de métal de feu, et tandis qu'il se durci sous sa caresse elle sent à peine quelques picotements froids vers le haut de sa nuque. Enfin Uhthi met en place le disque bleu puis suspend au cou de la terrienne le cylindre de métal dans son étui de cuir ouvré.
Uhthi et Lô sont face à face, elles se regardent intensément avec une émotion non contenue. Pour la première fois Lô comprend Uhthi qui lui murmure:
- Je t'aime Lô et je vais te dévorer!....
Puis toute deux éclatent de rire en tombant dans les bras l'une de l'autre.





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Dehors, l'animation augmente. Des cris et des rires, montent de toute part dans la nuit...
- La fête pour votre honneur bientôt va commencer,
il nous faut vite aller rejoindre tous les Shrinns!
Oomm a parlé ; il entraîne Uhthi et les deux Terriens vers l'extérieur. Avec des cris de joie ils déboulent le long des coursives éclairées de flammes multicolores, puis débouchent dans les jardins qui entourent le lac, au centre du cratère.
La foule des Shrinns les attend. Dés qu'ils paraissent une longue ovations, aux modulations profondes les accueille, rapidement suivie par un concert d'applaudissements et de rires. Bien vite Nam et Lô se retrouvent au centre d'une esplanade couverte de sable fin .A leur coté, Oomm et Uhthi . Autour d'eux, faisant cercle, toute la population du village-cratère. Mille personnes, peut-être, parés de leurs atours de fête .
Oomm, majestueux, s'adresse à son peuple. L'astre nocturne embrase la nuit de son feu froid; des lueurs fugaces, radiances d'émeraude, courent sur les ornements de métal qui parent le corps svelte et puissant de l'homme-chat, l'auréolant d'une énergie magique. Il parle, et cette fois, les Terriens entendent ses paroles.
- Peuple de Shin-Akar, Uhrr l'astre du jour, notre père et sa compagne Miskat, la lune verte, notre mère nous ont offert la visite de ces étrangers au moment du grand Rapprochement. Nous pourrons donc cette saison célébrer le grand mystère d'Ot-melep. Uhthi en tant que prêtresse de Miskat et moi-même le Grand-Dévoué d'Uhrr, nous les avons accueillis et guidés vers vous afin qu'ils participent avec nous à la grande Fête! Il se tourne vers les deux voyageurs:
- Nam et Lô que grâce à Ot-melep, l'éternité vous soit donnée !
D'un mouvement souple et rapide, Uhthi est venue se placer entre Nam et Lô, d'une main précise et sûre elle a attrapé la queue de Nam et malgré le pagne la tient fermement dans son poing serré, de l'autre elle enserre dans sa paume la motte de Lô, un de ses longs doigts glissé le long de la fente.
- Leurs Kim est puissant, l'union sera bénéfique! crie-elle à la foule qui répond par une acclamation d'allégresse...
Lô et Nam ne sont pas revenus de leur surprise que déjà la foule envahit l'esplanade, ils sont entraînés par cette masse en délire qui les palpe et les pelote, les embrasse, les lèche et les caresse, mâles et femelles mêlés dans la même folie sensuelle.....
Oomm et Uhthi ont disparus.
Les deux Terriens, complètement désemparés, sont conduits ainsi vers une gloriette en bordure du lac. Là ils sont installés au milieu d'une profusion de coussins, devant une large table basse couverte de plats et de fleurs....Autour d'eux, sur tout le pourtour du lac, ils distinguent de semblables constructions mais aussi des sortes de tentes, de dais, cachés dans la verdure du parc ou au contraire bien en vue. Tous ces lieux sont occupés par des Shrinns en liesse, couchés, assis, vautrés ou dans des positions intermédiaires, ils rient, bavardent, se caressent .
Sous la clarté de l'astre nocturne, les fourrures soyeuses s'animent de mille reflets électrisés, qui dans la nuit verte, roulent comme des vagues de vivante énergie...
Parfaitement abasourdis, affalés sur un monceaux de confortables coussins, en compagnie d'une demi douzaine de joyeux Shrinns intentionnés et à l'affection lascive, Nam et Lô essayent de se remettre lentement de leur surprise. Nombre d'interrogations hantent leur esprit ...Pourtant, ils n'ont guère le loisir de s'abandonner à la réflexion, leurs hôtes ne leur en laissent pas le temps. On leur présente des plateaux couverts de mets indéfinissables aux parfums et saveurs étranges, épicés et doucereux, subtils, parfois violents; on leur en dit les noms...impossibles, on les invite de toute part à de nouvelles découvertes gustatives...On leur fait boire, dans des coupes de cristal aux décors mouvants, des liqueurs acidulées et fraîches, d'épais breuvages aux arômes puissants....Une euphorie voluptueuse les gagne, doux contacts, attouchements curieux se multiplient. Leurs corps et leurs esprits s'abandonnent à la délicieuse ambiance que leurs hôtes tissent autour d'eux.
Ils sont entourés, pressés par leur présence soyeuse et gracile, avide de promiscuité lascive .Se confondent les chairs, se mêlent les haleines et les effluves suaves qu'exhalent les corps émus. Mains timides ou hardies, lèvres humides, hanches rondes, concavité accueillantes, queues exploratrices et caressantes les invitent à un abandon délicieux.
- Moi je suis Maathi, murmure une jolie petite femelle l'oreille de Nam.
Elle a un visage d'enfant espiègle et gourmand, un pelage d'un roux très pâle, de grand yeux mauves .
- Et lui, continue t-elle en désignant un jeune mâle un peu maigre mais aux longs muscles fins, qui derrière elle, semble lui caresser la croupe, juste sous la queue qu'elle a longue et touffue, lui, c'est Moho, mon....baiseur. Toi tu es le baiseur de Lô, n'est-ce pas? Comment fais tu toi, avec elle?..
Elle promène une main légère sur la poitrine de Nam ..
- C'est très étrange, pour nous cette peau lisse, sans pelage, juste avec quelques poils...c'est aussi très exi...
Elle s'interrompt avec un frisson bref, un petit cri de gorge. Contre son cul Moho s'est fait plus présent, plus précis...
Elle rit, puis reprend:
-Je dire: très excitant!
Sa main descend, toujours aussi légère, toujours aussi curieuse...
Nam a fermé les yeux, il suit sur sa peau le chemin que parcours la main de la jeune Shrinn...
Brusquement un, poids s'affale sur son ventre. Il ouvre les yeux. Une autre femme-chat est assise sur lui, le chevauche, accroupie sur son bas-ventre.
Noire toison aux reflets bleus, yeux de braise, elle rit gorge déployée, laissant apercevoir sous des lèvres un peu épaisses pour sa race, deux rangées de petites dents pointues éclatantes de blancheur.
- Je suis Pooh-La-Noire, toi aussi tu es noir, tu dois être à moi! Son rire redouble de puissance sauvage tandis qu'elle frotte son entre-cuisse sur le sexe de Nam qui fait se hisser comme une voile la fine étoffe du pagne. Maathi d'une main rapide attrape le bâton tendu de Nam avant que Pooh ne le fasse disparaître entre ses cuisses.
- Attend! vieille putain noire! je veux d'abord le voir, découvrir sa forme, sa grosseur avant que tu ne te l'accapares...
- Tu as raison, la rouquine, voyons à quoi ressemble ce bosk étranger! Venez voir vous tous! appelle la femelle sombre.
Tous les membres du petit comité tenant compagnie aux Terriens s'empressent autour de Nam, de son sexe, emmitouflé dans l' étoffe du pagne et que la petite Maathi tient encore serré dans son poing .
- Lâche-le, c'est à moi de lever le voile!
Lô, que l'invitation à la découverte lancée par la femelle noire a dépossédée de la présence de sa cour de sybarites peloteurs, prend l'initiative de la cérémonie. A regret, la main de la petite Maathi lâche l'objet convoité .Pooh s'est reculée, mais accroupie face Nam ,cuisse largement écartées, elle lui offre le spectacle de son sexe rose, humide et largement ouvert qu'anime un imperceptible mouvement de succion. Son regard, où se mêle concupiscence et perversité, passe des yeux de Nam au mat dressé et encore couvert qui pousse entre les cuisses de l'homme.
- Alors regardez! reprend Lô, agenouillée au coté de son compagnon.
Comme un sénateur dévoilant une statue, elle fait glisser le pan de tissus coloré qui masquait la splendeur érigée. Nam bande avec conviction.
Surprise, admiration, exclamations étouffées accueillent la révélation. Pooh avec un glapissement gourmand passe une longue langue rose sur ses lèvres gloutonnes.
Les doigts fins de Lô parcourent la hampe érigée, puis avec lenteur, troussent le prépuce mettant jour un gland gonflé et rubicond qui enfle d'avantage sous la série de joyeuses titillations à laquelle elle le soumet.
- Voila une bite et c'est bon de la sentir vibrer au fond de soi, par un orifice ou par un autre, de faire jaillir le jus de ces couilles là! annonce t-elle, une pointe d'hystérie dans la voix, en présentant au creux de chaque main, les testicules gonflé et durs .
Puis elle reprend, tirant Pooh vers la pine dressée des son homme:
-Je te la livre, maintenant. A toi ma noire salope! Je veux voir!
Pooh, ravie, vient se placer au dessus du membre tendu, un pied de chaque coté du bassin de l'homme; lentement, elle fléchi sur ses genoux tout en les écartant le plus largement possible. Son sexe béant n'est plus qu'a quelques centimètres du gland tumescent, sa vulve se dilate, ses lèvres s' écartent et, comme une fleur de chair palpitante, l'ouverture de son vagin déploie sa corolle vers l'extérieur, vient coiffer, emprisonner le gland de Nam, puis avec un mouvement de succion, l'attire vers le mystère de son intérieur.
Pooh est maintenant accroupie sur ses talons, son sexe a presque entièrement avalé la pine d'ébène, qu'un mouvement régulier de son bassin fait aller et venir en elle. La tête en arrière, les yeux révulsés elle hulule face à la lune .La clarté verte fait rutiler comme des perles rares les petites gouttes de sueur qui glissent sur le duvet de son visage.
- Son clitoris est à l'intérieur, tu le sens Nam? interroge Lô, que le spectacle de la lente intromission a considérablement excitée.
- Elle se l'astique sur ton noeud, la salope! reprend-elle.
Pooh accélère et amplifie son mouvement de bassin, faisant parfois ressortir la queue de Nam sur toute sa longueur, ne gardant en elle que la rondeur du gland.
Toute l'assistance est fascinée par la scène. Nam, accompagne le mouvement de sa partenaire par de violents coups de reins...
Lô est debout, elle s'est débarrassée de sa robe et offre à tous la vision de son corps lisse et blanc, de ses petits seins pointus, de son triangle noir et luisant .Dans une danse obscène elle mime la baise du couple qui s'ébat devant elle. Les jambes légèrement écartées, dans un va et vient furieux, elle projette son sexe vers une bite invisible, puis le lui retire...ses doigts s'acharnent sur ses mamelons qu'elle pince et agace. Avec acharnement elle attise la fièvre copulatoire qui agite le couple..
- Allez, bourre la, va y mon grand, va y mon nègre...Oooh!
Par derrière elle, deux mains se sont saisies de ses hanches et maintiennent fermement ses fesses contre un ventre velu. Maladroitement, un objet dur, doux aussi, tente de se frayer un passage entre ses cuisses. Elle se dégage en riant, se retourne.
- Je suis Nilkôh...
C'est un jeune mâle, grand, d'une taille presque égale celle de la Terrienne; comme tous ceux de sa race il possède un corps souple et musclé mais contrairement aux autres il n'a pas leur aisance élégante, il paraît un peu gauche, presque malhabile. Il se dandine, devant la jeune femme, ses mains jointes sur son bas ventre, à la fois désolé de son audace et dépitée par sa tentative manquée, frustré aussi, mais encore tremblant de désir...
- Je suis Nilkôh...je ...je voulais...vous tes si...
Lô, encore toute à son excitation, ne remarque pas le désarrois du jeune Shrinn; toute soumise à la lubricité de la situation, elle s'agenouille promptement devant son timide agresseur et avec des accents gouailleurs, elle l'interpelle:
- Moi aussi, je veux voir avant; je veux savoir à qui je ferai l'honneur de mon con ou de mon cul!
Sans douceur elle carte les mains de Nilkôh, l'oblige à dévoiler son anatomie intime. Lô se rend compte, en même temps, que, jusqu'a présent, elle n'a pas eu l'occasion de détailler cette partie de la morphologie de l'indigène mâle et encore moins d'en apprécier le fonctionnement. Cette pensée ne faisant qu'attiser sa convoitise, c'est entre ses deux mains ouvertes qu'elle reçoit l'objet de son investigation. Au creux de ses paumes une grosse bourse de fourrure tigrée semblant contenir une graine dure ,de la grosseur d'une pêche, fuyante dans la main; au dessus, le sac poilu se prolonge par une longue excroissance rigide, un manchon de fourrure dont l'extrémité ouverte laisse dépasser une pointe rouge vif.
- C'est ça ta bite ?
Lô caresse et pétri le manchon qui devient de plus en raide, qui s'allonge et dont l'ouverture s'élargi faisant sortir d'avantage la pointe écarlate.
- Mais c'est très bien tout-ça ! on en mangerait!
Ses deux mains jointes elle fait coulisser le fourreau de poil, le poussant vers l'arrière, révélant l'organe rouge. Long, dur, pointu, luisant et vibrant comme une corne de chair rutilante ...
La terrienne est subjuguée, son ironie a fait place à une réelle émotion devant le spectacle de cet organe tendu... A deux mains, elle le tient devant son visage, elle en approche lentement ses lèvres ouvertes déjà mouillées de salive; la petite fente qui en garni la pointe est nette comme un trait de rasoir au milieu de la chair purpurine, de sa langue elle en effleure les bords, l'odeur est forte, puissante, animale, musquée et peu âcre...Soudain elle englouti le membre avec voracité, s'en empli la cavité buccale avec gloutonnerie... La femme lèche, tète, suce cette pine étrangère dont la couleur infernale, la forme de long poivron, de piment gonflé et pointu, fait surgir en elle des fantasmes au odeurs de soufre.
Nilkôh le timide, d'abord surpris par cet assaut inattendu, se laisse aller à l'appétit de cette femelle exotique; bientôt il émet une sorte de chant de gorge continu qui témoigne de son ravissement. Avec tendresse, il entoure la nuque de Lô de ses bras villeux et, penché sur elle, lui caresse le cou et le haut de la poitrine.
Pour Lô, l'amour n'est pas à la tendresse. Sa frénésie sexuelle et la bouffée de ses fantasmes lui font repousser les geste tendres de son partenaire. Sa bouche abandonne la verge écarlate et luisante de salive. Elle se redresse, d'une main elle presse violemment le sac de fourrure qui pend sous le piment turgescent de Nilkôh, de l'autre elle accroche sa nuque pour lui crier dans l'oreille :
- Enfile moi maintenant, fous moi ta bite de diable !
Elle se colle contre lui, le renverse sur les coussins éparpillés, se roule avec lui jusqu'a ce qu'il se place entre ses cuisses largement ouvertes, lui étreint la taille dans les ciseaux des ses jambes et le guidant d'une main précise, le plante en elle avec un "Han!" de satisfaction. Nilkôh découvre la douceur moite du vagin de la terrienne. Délice. Il y pousse son membre complètement dégagé de son étui de fourrure, de ses mains il agrippe les fesses de Lô, en calme les soubresauts désordonnés, dompte ses coups de croupe frénétiques et lui impose un va et vient puissant, profond et régulier. Lô s'abandonne au mouvement souple et vigoureux que lui communique les coups de reins de l'homme-chat, ses doigts s'enfoncent dans le pelage humide de son échine où roulent des muscles tendus par l'effort. A chaque assaut, le bourrelet formé par le fourreau de poil troussés, à la base de cette pine diabolique vient caresser rudement son clitoris, tandis que l'unique et gros testicule bat contre son périnée avec la régularité du métronome qui habite les reins du jeune baiseur. Elle reçoit chaque bourrade avec un choc de plaisir dont l'intensité augmente au fur et mesure que le va et vient devient de plus en plus rude; à chaque coup, son cul, puis ses épaules se décollent du sol. Nilkôh râle en cadence. En elle, le rouge piment de l'extra-terrestre doit encore avoir pris du volume, elle le sent énorme .Comme une braise il lui dévore le sexe et chaque mouvement en attise l'incendie...
Contre sa tête, s'agite un corps. C'est la cuisse de Nam. Les deux couples sont presque l'un contre l'autre, tête-bêche. Alors que, sur elle, Nilkôh la pistonne avec une énergie furieuse, à quelque centimètres de son visage la croupe rebondie de Pooh-la-noire monte et descend sur la bite de Nam, accompagnée par les battements désordonnés qu'elle imprime à sa queue de femme-chat. Entre deux hoquets de plaisir, entre deux coups de bite, Lô s'empare de l'appendice caudale de sa voisine de baise, le tire et le soulève...
-Je veux...voir...!
La joue contre la cuisse de Nam, le visage presque entre les jambes de la Shrinn, elle voit, en gros plan, la pine noire et luisante de son homme s'enfoncer puis ressortir d'un orifice avide, tapis dans la chaleur moite aux effluves sauvages d'une fourrure poisseuse des sécrétions de l'amour. Sous la queue de la femme-chat, qu'elle tient toujours levée, Lô découvre, comme au fond d'un nid de duvet blanc, la rosette palpitante, délicatement violacée de Pooh. A chaque descente de sa croupe, chaque fois que son ventre fait disparaître en ses profondeurs la verge dressée de Nam, le petit oculus s'ouvre, s'écarte, laisse entrevoir au milieu du plissement suave de ses chairs sensibles, une autre profondeur pleine de délicieuses promesses. Il se referme tandis que Pooh se hisse à nouveau le long du membre de son partenaire, s'ouvre encore lorsque celui-ci la pénètre... Appel délectablement obscène, cette petite bouche qui tour à tour s'ouvre et se clos fascine Lô; il lui semble que les coups de boutoir dont Nilkôh la gratifie répondent eux aussi, en rythme, au chant muet que lui susurre le trou du cul de la femme-Chat. Le con délicieusement empli de l'infatigable et turgescente présence du jeune Shrinn, Lô monte vers l'accomplissement de son plaisir. Elle a lâché la queue de sa voisine, sa main s'est glissée en dessous et un doigt inquisiteur cherche fiévreusement l'orifice qui tout l'heure la narguait de son obscène halètement...
Presque simultanément, telle une déferlante, un orgasme puissant balaye les corps imbriqués. Les yeux exorbités, la bouche grande ouverte comme pour reprendre un souffle improbable, le corps agité des violents soubresauts de sa jouissance, Lô , reçoit en elle le jet que le plaisir de Nilkôh lui injecte. En même temps, un des doigts de la terrienne planté dans le cul, la bite de Nam prisonnière de son vagin gourmand, Pooh-la-noire, avec un hurlement sauvage s'ouvre le chemin d'un jouir farouche tandis qu'enfin gicle en elle le foutre du terrien.
Partout autour d'eux, râles, cris, grognements et feulements, soupirs accompagnent les orgasmes répétés des uns et des autres...Les corps enchevêtrés, souffles et sueurs mêlés, ne sont que masses de chairs secouées par les spasmes du plaisir, tandis que les esprits s'abandonnent aux douceurs de l'apaisement...